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SpaceX dévisse sous son prix d'introduction, un mois après l'IPO la plus spectaculaire de l'histoire

Un mois après la plus grande introduction en bourse de tous les temps, l'action SpaceX (SPCX) est repassée sous son prix d'offre à 135 dollars, effaçant plus de 40 % depuis son sommet de la mi-juin. Une correction qui interroge la valorisation vertigineuse du groupe d'Elon Musk.

Par Maxence Delorme · 17 juillet 2026

L'euphorie boursière a du plomb dans l'aile. Un mois seulement après avoir réalisé la plus grande introduction en bourse de tous les temps, l'action SpaceX est passée sous son prix d'offre initial. Le titre, coté sous le symbole SPCX au Nasdaq, a clôturé jeudi à 131,11 dollars, en repli de plus de 3 % sur la séance — sa quatrième clôture consécutive en baisse — et sous le seuil symbolique des 135 dollars fixé lors de son entrée en bourse le 12 juin dernier.

Le contraste avec l'engouement initial

Le contraste avec l'engouement initial est saisissant. L'action avait bondi de près de 50 % lors de ses trois premières séances de cotation, propulsant momentanément la valorisation de l'entreprise d'Elon Musk au-delà de celles d'Amazon et de Microsoft réunies, et faisant de son fondateur le tout premier « trillionnaire » de l'histoire. Le titre avait culminé à plus de 225 dollars à la mi-juin, avant d'entamer une lente dégringolade qui a fini par effacer la totalité de la prime post-introduction. Au total, la correction dépasse désormais 40 % depuis ce sommet.

Une perte nette qui douche les attentes

Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer ce retournement. SpaceX a enregistré une perte nette de 4,9 milliards de dollars sur l'exercice 2025, un chiffre qui a douché les attentes de nombreux investisseurs quant à la trajectoire de rentabilité du groupe, spécialisé à la fois dans les lanceurs spatiaux et, plus récemment, dans l'intelligence artificielle. Les analystes évoquent également l'expiration prochaine des périodes de blocage imposées aux actionnaires historiques et aux premiers investisseurs, qui pourrait accentuer la pression vendeuse dans les semaines à venir.

S'y ajoutent des vents contraires plus larges sur les marchés, entre incertitudes sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale américaine et doutes croissants sur la soutenabilité du rallye boursier lié à l'intelligence artificielle, en particulier chez les fabricants de semi-conducteurs.

« Sur du vide, sur de la spéculation »

Pour Matthew Maley, stratège en chef chez Miller Tabak, cité par la presse économique, cette correction confirme un diagnostic redouté par une partie des marchés : l'action montait « sur du vide, sur de la spéculation », plus que sur des fondamentaux solides. De son côté, Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, souligne que le mouvement de vente traduit à la fois des prises de bénéfices, une réévaluation de la valorisation jugée excessive de l'entreprise, et le dénouement de paris très haussiers accumulés autour de l'une des introductions en bourse les plus attendues de la décennie.

Starship, prochain juge de paix

Ce coup de froid boursier survient à un moment particulièrement sensible pour SpaceX, à la veille du treizième vol d'essai de sa fusée Starship, prévu jeudi. L'entreprise mise sur ce lanceur géant, réutilisable et conçu pour transporter plus de 100 tonnes en orbite, pour justifier à terme sa valorisation record — un pari technologique et financier que les marchés semblent, pour l'instant, regarder avec un scepticisme grandissant.

L'avis de la rédaction

Cette correction boursière n'a rien d'anecdotique : elle interroge la capacité des marchés à distinguer, dans le secteur spatial comme dans celui de l'intelligence artificielle, l'enthousiasme spéculatif des fondamentaux économiques réels. Une entreprise qui affiche près de 5 milliards de pertes annuelles ne peut indéfiniment justifier une valorisation à plusieurs milliers de milliards de dollars sur la seule promesse de futurs vols martiens. Le sort du treizième vol de Starship sera scruté de très près.