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La France passe à trois opérateurs : le rachat de SFR acté à 20 milliards d'euros

Dans la nuit du 6 au 7 juin 2026, Orange, Bouygues Telecom et Free ont signé avec Altice France le protocole de rachat de SFR pour 20,35 milliards d'euros. Une opération historique qui ramène la France à trois opérateurs nationaux et redessine le marché des télécoms.

Par Théodore Mécanis, rédacteur en chef · 7 juin 2026

C'est l'une des opérations les plus importantes de l'histoire des télécoms français. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026, Orange, Bouygues Telecom et Free (groupe Iliad) ont officialisé la signature d'un protocole d'accord avec Altice France pour le rachat de SFR, le deuxième opérateur mobile français, pour un montant de 20,35 milliards d'euros.

Huit mois de négociations, une transaction historique

Le processus a été long et tendu. Une première offre à 17 milliards d'euros avait été rejetée par Patrick Drahi, patron d'Altice, en octobre 2025. Une due diligence accélérée, menée en cinq semaines par près de 200 experts, avait conduit à une deuxième proposition à 20,35 milliards d'euros, acceptée en avril 2026. Après plusieurs prolongations d'exclusivité et un ultime délai de 48 heures accordé le vendredi soir, le protocole est devenu officiel quelques minutes avant minuit.

Un découpage, pas un rachat classique

SFR ne sera pas absorbé par un seul acteur. L'opérateur sera démembré entre les trois membres du consortium :

  • Free-Iliad récupère l'intégralité de la base RED by SFR (6 millions de clients), 1,6 million de clients grand public SFR et 400 000 TPE, franchissant ainsi le cap des 31 millions d'abonnés.
  • Orange reprend 4,9 millions de clients via une fraction du grand public SFR et les MVNOs Réglo, Syma et Coriolis.
  • Bouygues Telecom absorbe la part restante et devient le nouveau numéro 2 du marché français.

Les fréquences radio seront réparties entre les trois opérateurs. Les actifs non repris directement (réseaux fixe et mobile hors Crozon, systèmes informatiques) resteront dans une structure SFR SA pendant au moins 30 mois, détenue à parts égales par le trio, afin d'assurer la continuité de service pour les clients en cours de migration.

Les salariés protégés jusqu'en 2029

Le consortium s'engage à garantir l'emploi de l'ensemble des salariés du périmètre repris jusqu'au début de l'année 2029, via la poursuite de leur contrat ou une proposition d'emploi équivalente. Une consultation des instances représentatives du personnel s'est ouverte immédiatement après l'annonce.

Ce que ça change pour les consommateurs

La France va passer de quatre à trois opérateurs nationaux, une configuration qui n'est pas sans risques concurrentiels. L'Autorité de la concurrence devra examiner l'opération avant sa finalisation. Les régulateurs européens observent également cette consolidation de près : elle pourrait servir de modèle à d'autres marchés télécoms européens encore fragmentés.

Pour les abonnés SFR actuels, aucun changement n'interviendra dans l'immédiat. La migration vers les réseaux des nouveaux opérateurs sera progressive et encadrée sur plusieurs années.

À retenir

  • 20,35 Md€ : montant du rachat de SFR par le consortium Orange-Free-Bouygues.
  • Démembrement : Free récupère RED by SFR, Orange 4,9 millions de clients, Bouygues le reste.
  • 31 millions d'abonnés pour Free-Iliad après l'opération.
  • 2029 : garantie d'emploi pour les salariés du périmètre repris.
  • 3 opérateurs nationaux au lieu de 4 — sous réserve de l'aval de l'Autorité de la concurrence.