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Moyen-Orient : aucune délégation iranienne n'est partie pour le Pakistan, Trump prévient qu'« exhumer l'uranium » iranien sera « long et difficile »

Les négociations entre Téhéran et Washington restent dans une incertitude totale ce mardi 21 avril 2026. La télévision d'État iranienne a annoncé en matinée qu'« aucune délégation » n'avait quitté l'Iran pour les pourparlers prévus au Pakistan, tandis que Donald Trump déclarait à la presse qu'il sera « long et difficile » de récupérer l'uranium enrichi iranien dispersé après les frappes israéliennes.

Par Inès Farah, reporter terrain · 21 avril 2026

C'est un mardi 21 avril 2026 d'attente glaciale au Moyen-Orient. À 10h07, heure de Paris, la télévision d'État iranienne a publié un communiqué laconique mais fracassant : « Aucune délégation iranienne n'est encore partie pour des pourparlers au Pakistan avec les États-Unis ». L'information, immédiatement relayée par Le Parisien et Le Figaro, jette une douche froide sur les espoirs de désescalade nourris depuis le week-end. Les pourparlers étaient programmés à Islamabad sous l'égide du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur improbable mais accepté par les deux camps après le refus catégorique de Téhéran d'utiliser Oman comme intermédiaire, comme cela avait été le cas lors des cycles précédents.

Trump : « long et difficile » d'exhumer l'uranium

À Washington, Donald Trump a tenu en parallèle une déclaration tout aussi martiale qu'inquiétante. Interrogé lundi soir sur le tarmac de la base Andrews avant son départ pour Mar-a-Lago, le président américain a affirmé qu'« il sera long et difficile d'exhumer l'uranium enrichi iranien » — une référence directe aux quelque 408 kilogrammes d'uranium à 60 % dont la trace s'est en partie perdue après les frappes israéliennes de la mi-mars contre les sites de Natanz, Fordo et Ispahan. Les inspecteurs de l'AIEA, autorisés à entrer brièvement sur les sites le 12 avril, n'ont pu retrouver qu'environ 280 kilogrammes, selon un rapport préliminaire cité par Le Figaro. Le reste — soit l'équivalent théorique de cinq à sept têtes nucléaires — serait dispersé dans des installations clandestines.

Macron reçoit le Premier ministre libanais à l'Élysée

À Paris, Emmanuel Macron reçoit ce mardi en fin d'après-midi le Premier ministre libanais Najib Mikati. Au menu de l'entretien : la situation au Sud-Liban, où l'armée israélienne maintient quatre points d'appui en violation du cessez-le-feu de novembre 2024, et surtout la question des nouvelles discussions directes entre Beyrouth et Tel-Aviv, esquissées par Nice-Matin. La France, qui héberge plus de 750 Casques bleus de la FINUL, joue un rôle pivot dans la stabilisation libanaise. L'Élysée a confirmé que Macron évoquerait également la situation des chrétiens d'Orient, particulièrement exposés depuis la reprise des combats.

Trump conditionne la levée du blocus à un accord

L'élément le plus dur du dossier reste, indéniablement, le blocus américain sur les ports iraniens. Selon les déclarations rapportées le 21 avril par Le Parisien, Donald Trump a clairement signifié qu'il « ne lèverait le blocus qu'en cas d'accord avec l'Iran ». Cette conditionnalité change la nature même des négociations : il ne s'agit plus seulement d'un dossier nucléaire, mais d'un véritable bras de fer économique global. Le port de Bandar Abbas, qui assurait avant la crise 80 % du commerce extérieur iranien, fonctionne aujourd'hui à 12 % de sa capacité. La pénurie de médicaments, déjà signalée par MSF dans plusieurs hôpitaux de Téhéran, s'aggrave de semaine en semaine.

Les Européens en quête d'une voie de sortie

Dans cette configuration, les Européens — Français, Allemands, Britanniques — tentent de bricoler un mécanisme intermédiaire. Selon les informations de plusieurs diplomates citées par Le Figaro, une proposition franco-allemande serait sur la table : une levée partielle et conditionnelle du blocus sur les cargaisons humanitaires (médicaments, blé, vaccins), en échange d'un accès renforcé des inspecteurs de l'AIEA aux sites suspects. Berlin pousse fort, Paris soutient, Londres tergiverse. Mais Washington bloque pour l'instant, jugeant que toute concession unilatérale affaiblirait son rapport de force avant le sommet d'Islamabad — désormais reporté sine die à la suite du communiqué iranien de ce mardi matin.

L'avis de la rédaction

Nous assistons à une chorégraphie diplomatique extraordinairement périlleuse. Chaque camp avance ses pions avec la conviction qu'il pourra forcer l'autre à céder le premier — l'Iran en jouant la montre et l'usure du blocus, les États-Unis en pariant sur l'effondrement économique iranien. L'erreur stratégique, dans les deux sens, peut coûter une guerre régionale que personne ne souhaite formellement. Le rôle de la France, et plus largement de l'Europe, est aujourd'hui de proposer un sas humanitaire crédible qui désamorce la pression sociale iranienne sans donner l'impression d'un blanc-seing au régime de Téhéran. C'est une équation diabolique, mais c'est sans doute la seule qui puisse, dans les semaines qui viennent, empêcher le glissement vers l'irréparable.

À retenir

  • Aucune délégation iranienne n'est partie pour les pourparlers d'Islamabad mardi 21 avril.
  • Donald Trump prévient qu'il sera « long et difficile » d'exhumer l'uranium iranien.
  • 408 kg d'uranium enrichi à 60 % avant les frappes, 280 kg retrouvés par l'AIEA.
  • Macron reçoit le Premier ministre libanais Najib Mikati en fin d'après-midi à l'Élysée.
  • Trump conditionne la levée du blocus portuaire à un accord global avec l'Iran.

Sources :

  • Le Parisien — DIRECT. Guerre au Moyen-Orient : Macron rencontre le Premier ministre libanais ce mardi, 21 avril 2026
  • Le Figaro / AFP — Trump dit qu'il sera « long et difficile » d'exhumer l'uranium iranien, 21 avril 2026
  • Nice-Matin — Discussions Liban-Israël, blocus jusqu'à un accord au détroit d'Ormuz, 21 avril 2026
  • Euronews — L'info du jour, 21 avril 2026 - Matin