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Bourses : le CAC 40 résiste grâce aux résultats trimestriels, Wall Street recule sous la pression du Moyen-Orient

La Bourse de Paris est restée jeudi 23 avril 2026 en terrain positif (+0,37 % à 8 186,95 points en début de séance) grâce à une moisson de résultats trimestriels salués, malgré l'incertitude persistante sur la trêve iranienne. Wall Street, en revanche, évolue en baisse (Dow Jones -0,40 %), pénalisée par un cumul de publications décevantes et un regain de nervosité au Moyen-Orient. À Paris, Hermès, Air Liquide et Schneider Electric tirent l'indice. Le pétrole reste en lévitation autour de 100 dollars le baril.

Par Louis Bermont, rédacteur économique · 23 avril 2026

La saison des résultats trimestriels fait son office à Paris, mais New York joue partition contraire. La Bourse de Paris est restée jeudi 23 avril 2026 en terrain positif tout au long de la matinée, malgré une ouverture initialement anticipée en baisse compte tenu de l'incertitude moyen-orientale. À l'ouverture, le CAC 40 progressait de 0,37 % à 8 186,95 points, soit un gain d'une trentaine de points. Wall Street, en revanche, évoluait en baisse à mi-séance new-yorkaise : le Dow Jones cédait 0,40 %, le S&P 500 et le Nasdaq étaient également orientés à la baisse, sous le double effet de résultats d'entreprises décevants et de la persistance du bras de fer entre Washington et Téhéran après les saisies de navires dans le détroit d'Ormuz.

Hermès, Air Liquide et Schneider Electric tirent Paris

À la cote parisienne, plusieurs titres dominent la séance. Hermès International, dont le chiffre d'affaires trimestriel a confirmé la résilience du luxe haut de gamme, tire l'indice à la hausse, porté par les ventes en Asie. Air Liquide gagne du terrain grâce à un bénéfice opérationnel courant supérieur aux attentes et un relèvement des prévisions annuelles. Schneider Electric progresse après des annonces commerciales solides dans le segment data centers en Europe centrale. À l'inverse, STMicroelectronics chute lourdement après des résultats décevants dans l'automobile, et plusieurs valeurs cycliques exposées aux taux longs reculent.

Wall Street : la prudence l'emporte

À New York, l'ambiance est nettement plus mitigée. La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, préoccupée par un cumul de résultats d'entreprises décevants et un regain de nervosité au Moyen-Orient. Vers 13H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,40 %. Plusieurs publications trimestrielles ont déçu, notamment dans l'industrie manufacturière et les semi-conducteurs. La hausse des taux longs américains et la prime de risque pétrolière pèsent également sur les multiples de valorisation. Quelques valeurs technologiques résistent, mais l'indice phare des grandes capitalisations recule globalement, sans toutefois céder au mouvement de panique.

Le pétrole en lévitation autour de 100 $

L'environnement reste tendu. Le baril de Brent évoluait jeudi autour de 100 dollars, en hausse marginale par rapport à mercredi, après un pic dans la nuit consécutif aux saisies de navires iraniens à Ormuz. Le WTI américain s'établit légèrement en dessous. Selon les analystes de Goldman Sachs, le « risk premium » lié à la situation iranienne représente actuellement environ 14 dollars par baril, sans lesquels le Brent évoluerait autour de 86 dollars. La banque maintient son scénario central d'un baril à 90 dollars d'ici fin juin, mais avec une probabilité non négligeable d'un nouveau pic en cas d'incident majeur dans le détroit.

Le marché obligataire reflète la prudence

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans reste autour de 4,2 %, témoignant de la prudence des investisseurs face au double cocktail inflation pétrolière / résultats fragiles. L'OAT française à 10 ans s'établit autour de 3,4 %, le Bund allemand légèrement au-dessus de 2,4 %, et l'écart de spread franco-allemand reste stable. Les opérateurs surveillent désormais étroitement les prochaines réunions de la BCE et de la Fed, en quête de signaux sur la trajectoire des taux directeurs.

Les indicateurs macro envoient des signaux contrastés

Les statistiques publiées jeudi matin offrent un tableau contrasté. Les indices PMI préliminaires de la zone euro confirment une expansion modérée des services et un timide redressement du manufacturier. En Allemagne, l'indice Ifo du climat des affaires se redresse. Aux États-Unis, le marché du travail reste robuste, avec des inscriptions au chômage maîtrisées. Mais ces bonnes nouvelles sont en partie occultées par l'incertitude géopolitique : la prolongation de la trêve avec l'Iran décidée par Donald Trump n'a pas dissipé les craintes d'un dérapage incontrôlé dans le détroit d'Ormuz.

L'avis de la rédaction

La séance du 23 avril illustre une vérité ancienne mais souvent oubliée : les marchés ne montent pas en bloc. Paris résiste grâce à la qualité des publications trimestrielles européennes et au moindre exposition au risque iranien. Wall Street, en revanche, paie un cumul de résultats décevants et la nervosité géopolitique. Cette dichotomie est saine tant qu'elle dure, mais elle rappelle aussi que la résilience des indices européens reste largement empruntée au cycle des bénéfices : il suffira d'une publication industrielle ratée ou d'un choc exogène — un incident grave dans le détroit d'Ormuz, un défaut souverain inattendu, un effondrement du marché immobilier chinois — pour retourner brutalement le sentiment. Pour l'instant, les opérateurs choisissent de croire à la patience stratégique de Donald Trump et à la solidité des marges du luxe européen. C'est un pari raisonnable mais pas un pari sans risque. La prudence commande de conserver une part significative de liquidités et d'or, deux refuges sous-pondérés depuis le pic d'avril.

À retenir

  • CAC 40 en hausse de 0,37 % à 8 186,95 points jeudi matin, porté par les résultats trimestriels.
  • Wall Street en baisse : Dow Jones -0,40 % à mi-séance, sous la pression des publications et du Moyen-Orient.
  • Hermès, Air Liquide et Schneider Electric tirent Paris ; STMicro recule après des résultats décevants.
  • Brent autour de 100 $, prime de risque iranienne estimée à 14 $ par baril selon Goldman Sachs.
  • T-Notes US à 10 ans autour de 4,2 %, OAT française à 3,4 %, BCE et Fed sous étroite surveillance.

Sources :

  • Boursorama — Wall Street sur la défensive, résultats d'entreprises et Moyen-Orient pèsent, 23 avril 2026
  • Le Figaro Bourse — Le CAC ouvre dans le vert, tiraillé entre risques géopolitiques et résultats d'entreprises, 23 avril 2026
  • ABC Bourse — CAC 40 : la Bourse de Paris devrait ouvrir proche de l'équilibre, 23 avril 2026
  • Boursier.com — Ouverture Paris : le CAC40 se stabilise après les dernières annonces de Donald Trump, 23 avril 2026
  • ABC Bourse — Agenda des sociétés du 23 avril 2026 - CAC 40