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Martinique : la CTM vote un plan d'urgence pour relancer un tourisme à la peine

Réunie en séance plénière à Fort-de-France, l'assemblée de Martinique a adopté le 11 juin 2026 une stratégie de relance de la filière touristique, secouée par une baisse de fréquentation, la flambée des billets d'avion et la concurrence accrue de la République dominicaine.

Par Camille Darrieux, correspondante outre-mer · 12 juin 2026

La Collectivité territoriale de Martinique (CTM) a adopté, le 11 juin 2026 en assemblée plénière à Fort-de-France, une stratégie de relance touristique présentée comme l'un des chantiers prioritaires de la fin de mandature. Le texte, défendu par l'exécutif de Serge Letchimy, a été voté à une large majorité des conseillers présents. Il acte une réorientation des crédits du Comité martiniquais du tourisme (CMT) et un renforcement des partenariats avec les compagnies aériennes desservant l'île.

Une fréquentation en repli depuis 2023

Les données publiées par l'Insee Antilles-Guyane et le CMT décrivent une trajectoire fragile. Après le rebond post-pandémique de 2022, la fréquentation touristique de la Martinique s'est tassée, pénalisée par la hausse durable du prix des billets d'avion transatlantiques et par la montée en gamme des destinations concurrentes — République dominicaine, Cuba, Mexique. Les hôteliers du Sud de l'île, principal bassin balnéaire, alertent depuis plusieurs mois sur des taux d'occupation décevants en basse saison.

Ce que prévoit le plan voté

Le document approuvé articule trois leviers. D'abord, un effort de promotion à l'international, avec une présence renforcée sur les marchés européen continental, nord-américain et canadien francophone. Ensuite, un soutien à la modernisation de l'hébergement, via des aides ciblées aux petites structures et à l'hôtellerie indépendante. Enfin, un volet « tourisme durable » destiné à mieux valoriser le patrimoine naturel — Montagne Pelée inscrite à l'UNESCO depuis septembre 2023, sentiers du Nord caraïbe, mangroves du Sud — pour attirer une clientèle moins concentrée sur le balnéaire pur.

Le dossier sensible de la desserte aérienne

La question des liaisons aériennes a occupé une large part des débats. Plusieurs élus de l'opposition ont demandé un engagement plus ferme de la CTM auprès d'Air France, d'Air Caraïbes et de Corsair pour stabiliser les capacités proposées vers Paris-Orly. Le président du conseil exécutif a renvoyé à un cycle de discussions ouvert avec l'État et la direction générale de l'aviation civile, en rappelant que la fixation des tarifs reste une prérogative des compagnies.

Une économie insulaire sous tension

Le secteur touristique pèse environ 7 % du PIB martiniquais selon les chiffres de l'Iedom, mais structure l'emploi du littoral et alimente toute une chaîne de sous-traitance — restauration, location de voitures, plaisance, artisanat. Dans une île où le taux de chômage atteignait 12,6 % au sens du BIT au quatrième trimestre 2025 selon l'Insee, toute fragilisation de la filière a des effets sociaux immédiats. Le plan voté à Fort-de-France ne réglera pas, à lui seul, ces équations de fond, mais il fixe une feuille de route lisible pour les douze prochains mois.