Pétrole : le Brent bondit à 106 dollars après le discours belliqueux de Trump, le détroit d'Ormuz au cœur des tensions

Les cours du pétrole ont bondi de plus de 7 % jeudi 2 avril 2026, le Brent atteignant 106,42 dollars le baril, après que Trump a promis de frapper l'Iran « extrêmement fort » et conditionné tout cessez-le-feu à la réouverture du détroit d'Ormuz.

Par Rédaction OrChair ·

Les cours du pétrole ont bondi jeudi 2 avril 2026, dans un contexte de forte volatilité provoquée par le discours à la nation de Donald Trump sur l'Iran. Le Brent a grimpé de 4,88 dollars (+4,8 %) pour atteindre 106,42 dollars le baril, et le WTI (West Texas Intermediate) a progressé de 4,17 dollars (+4,2 %) à 104,29 dollars le baril, selon les données de Reuters et Bloomberg. En séance, les deux références avaient bondi de plus de 7 % avant de réduire leurs gains. (Sources : BBC, Reuters, The Hindu Business Line, Channel News Asia)

Le catalyseur principal de cette hausse : la promesse de Trump de frapper l'Iran « extrêmement fort » dans les deux à trois prochaines semaines. Cette déclaration a balayé les espoirs de cessez-le-feu rapide qui avaient fait chuter les cours la veille. Le Brent avait perdu près de 8 % mercredi matin sur des rumeurs de négociations, avant de remonter en flèche après le discours. (Sources : BBC, NewsBytesApp, CNN)

Le détroit d'Ormuz est au cœur de l'équation. Ce passage maritime de 33 kilomètres de large, entre l'Iran et Oman, voit transiter environ 21 millions de barils de pétrole par jour, soit 20 à 25 % de la consommation mondiale. Trump a conditionné tout cessez-le-feu à sa réouverture, déclarant que le détroit « s'ouvrira naturellement » à la fin du conflit, ou que les États-Unis le feront « par la force ». L'Iran a frappé un pétrolier koweïtien au large de Dubaï et l'aéroport de Koweït City en représailles. (Sources : Reuters, Al Jazeera, BBC)

Les analystes de Goldman Sachs ont relevé leur prévision du Brent à 115 dollars le baril pour le deuxième trimestre 2026, contre 95 dollars précédemment, citant le risque d'une perturbation prolongée de l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz. Morgan Stanley anticipe un « scénario de stress » pouvant propulser le pétrole au-delà de 130 dollars si le conflit s'intensifie et si le détroit est fermé. (Sources : Bloomberg, Reuters, Yahoo Finance)

Les conséquences se font sentir au-delà des marchés pétroliers. Les bourses mondiales ont reculé : le CAC 40 a perdu 1,8 %, le DAX 2,1 % et le S&P 500 a ouvert en baisse de 1,5 %. Le prix du gaz naturel européen a bondi de 12 %. Les compagnies aériennes, dont Air France-KLM et Lufthansa, ont annoncé des surcharges carburant supplémentaires. En France, le litre de SP95 a franchi la barre des 2 euros pour la première fois depuis 2022. (Sources : Reuters, Bloomberg, BBC)

Le gouvernement français du Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion interministérielle ce mercredi matin pour aborder l'impact de la flambée pétrolière sur le pouvoir d'achat. Des mesures de compensation — gel de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), chèque carburant pour les ménages modestes — sont à l'étude, selon Matignon. L'inflation pourrait repartir à la hausse si le conflit se prolonge. (Sources : Mediapart / AFP, Le Parisien)