Pétrole à 110 dollars, or au sommet, bourses en chute : les marchés mondiaux sous le choc de l'ultimatum iranien

L'ultimatum américain de 48 heures à l'Iran a déclenché un séisme sur les marchés financiers : le Brent franchit les 110 dollars, l'or atteint un record historique à 3 180 dollars l'once, et les indices boursiers plongent.

Par Rédaction OrChair ·

Les marchés financiers ont ouvert ce samedi en mode panique — les places du Golfe et d'Asie, ouvertes le week-end, ont enregistré des chutes spectaculaires dès l'annonce de l'ultimatum américain à l'Iran. Le baril de Brent a bondi de 4,7 % pour franchir la barre symbolique des 110 dollars — son niveau le plus élevé depuis mars 2022, au lendemain de l'invasion russe de l'Ukraine. Le WTI américain a suivi, à 107,40 dollars. (Source : Bloomberg, Reuters)

L'or, valeur refuge par excellence, a atteint un nouveau record historique à 3 180 dollars l'once troy, en hausse de 2,3 % sur la seule journée de vendredi. Depuis le début du conflit iranien mi-février, le métal jaune a progressé de 18 %, porté par l'incertitude géopolitique et les achats massifs des banques centrales — notamment celles de Chine, d'Inde et de Turquie. (Source : Bloomberg, World Gold Council)

Les indices boursiers asiatiques ont plongé : le Nikkei 225 a perdu 3,2 %, le Hang Seng 2,8 %, et le Tadawul saoudien 4,1 % — sa pire séance depuis la pandémie. Les valeurs pétrolières ont toutefois progressé : Saudi Aramco a gagné 5,2 %, TotalEnergies 3,8 %, et ExxonMobil 4,1 % à la clôture de vendredi à Wall Street. (Source : Bloomberg, Reuters)

Les économistes de JPMorgan ont relevé leur prévision de prix du pétrole pour le deuxième trimestre à 120 dollars le baril en cas de prolongation du conflit, et à 150 dollars si le détroit d'Ormuz venait à être totalement fermé. « Nous sommes dans un scénario de choc pétrolier comparable à 1973 ou 1979 », prévient Christyan Malek, responsable de la stratégie énergie chez JPMorgan. L'impact sur l'inflation mondiale serait « dévastateur ». (Source : JPMorgan, Financial Times)

La Banque centrale européenne a tenu une réunion d'urgence par visioconférence pour évaluer les risques sur la stabilité financière de la zone euro. Christine Lagarde a appelé les gouvernements européens à « activer immédiatement leurs réserves stratégiques de pétrole » et à « préparer des plans de rationnement énergétique si la crise devait se prolonger au-delà du mois d'avril ». Les marchés européens ouvriront lundi dans un climat de tension extrême. (Source : BCE, AFP)