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Golfe en flammes : l'Iran frappe Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, la trêve s'effondre

Les Gardiens de la révolution revendiquent de nouvelles frappes contre des installations américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. Le CENTCOM riposte avec drones sous-marins autonomes. L'accord intérimaire de réouverture du détroit d'Ormuz vacille.

Par Nadia Ferrand, correspondante Golfe · 13 juillet 2026

La guerre que beaucoup espéraient éteinte reprend de plus belle. Dans la nuit de dimanche à lundi, les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué de nouvelles frappes de missiles et de drones contre des installations militaires américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie, tout en affirmant avoir détruit des systèmes radars à Oman. Ces attaques répondent, selon Téhéran, à une nouvelle vague de frappes américaines visant à neutraliser la capacité iranienne à menacer le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Drones sous-marins et frappes massives américaines

Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir touché des dizaines de cibles supplémentaires en une seule opération, utilisant pour la première fois des drones sous-marins autonomes en complément des frappes aériennes et navales classiques. Washington affirme viser les défenses aériennes, les radars côtiers et les capacités de drones et de missiles iraniennes.

Interceptions au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn

Sur le terrain, les autorités koweïtiennes ont fait état de l'interception de trois missiles balistiques, d'un missile de croisière et d'une dizaine de drones, des débris ayant causé des dégâts matériels et blessé une personne. Bahreïn a annoncé avoir neutralisé plusieurs attaques aériennes, tandis que la Jordanie assure avoir intercepté l'intégralité des tirs entrants. Une alerte a également été déclenchée au Qatar. Selon les Gardiens, un système Patriot aurait été visé au Koweït et des dépôts de carburant américains à Bahreïn.

Un accord intérimaire qui vacille

Cette flambée intervient alors qu'un accord intérimaire, négocié après soixante jours de pourparlers, avait pourtant semblé ouvrir la voie à une réouverture du détroit d'Ormuz et à un arrêt des hostilités. Le président iranien de l'Assemblée, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que toute nouvelle action américaine entraînerait des représailles supplémentaires. Donald Trump a prévenu que l'Iran allait « payer le prix » de ce qu'il qualifie de manœuvres dilatoires.

Médiation qatarie, ligne ferroviaire coupée

Les tentatives de médiation se multiplient sans percer. Le Premier ministre qatari Sheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani a appelé Téhéran à revenir à la table diplomatique lors d'un entretien avec Abbas Araghchi. Mais sur le terrain, la confiance s'effrite : le transport ferroviaire entre Téhéran et Machhad a dû être suspendu après des dégâts causés à une ligne stratégique reliant l'Iran à la Chine et à la Russie via le Turkménistan et le Kazakhstan — un axe devenu vital depuis le blocus des ports iraniens du Golfe. Plusieurs pétroliers transportant du brut iranien et koweïtien ont toutefois encore traversé le détroit, selon les données de Kpler.

L'avis de la rédaction

Ce qui inquiète le plus dans cette séquence, ce n'est pas la nouveauté des frappes — l'escalade dure depuis des semaines — mais leur caractère devenu routinier. Un accord intérimaire censé désamorcer la crise du détroit d'Ormuz est en train de se déliter frappe après frappe. La véritable variable à surveiller n'est plus Téhéran ou Washington, mais les monarchies du Golfe : si Bahreïn, le Koweït ou le Qatar en viennent à considérer que leur sécurité n'est plus garantie par la présence américaine, l'équilibre régional pourrait basculer bien plus vite qu'on ne l'imagine.

À retenir

  • 3 pays frappés simultanément : Bahreïn, Koweït, Jordanie.
  • Drones sous-marins autonomes utilisés pour la première fois par le CENTCOM.
  • Système Patriot visé au Koweït selon les Gardiens de la révolution.
  • Accord intérimaire de 60 jours de pourparlers menacé d'effondrement.
  • Le trafic pétrolier continue de transiter par le détroit d'Ormuz, selon Kpler.