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Israël hisse son drapeau sur Beaufort : une escalade qui inquiète Paris

L'armée israélienne s'est emparée ce dimanche 31 mai de la forteresse médiévale de Beaufort, dans le sud du Liban. Benyamin Netanyahou parle d'un « tournant décisif » ; Jean-Noël Barrot demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Par Camille Darrieux, correspondante diplomatique · 31 mai 2026

Des images de l'AFP diffusées dimanche matin montraient le drapeau israélien flotter au-dessus des remparts du château de Beaufort, forteresse médiévale perchée dans les hauteurs du sud du Liban, tandis qu'une fumée épaisse s'élevait des alentours sous les tirs d'artillerie. Le site est désormais sous contrôle de Tsahal pour la deuxième fois de son histoire moderne, vingt-six ans après le retrait israélien du Liban-Sud.

« Tournant décisif » pour Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a présenté cette prise comme un « tournant décisif » de l'offensive contre le Hezbollah, ordonnant à l'armée d'« approfondir et étendre » son contrôle sur les positions tenues par la milice pro-iranienne. Pour le ministre de la Défense Israël Katz, c'est le retour symbolique de soldats israéliens au sommet d'un lieu qu'ils avaient quitté en 2000, à l'issue de deux décennies d'occupation du sud du Liban. « Quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort », a-t-il déclaré, « nos soldats ont de nouveau hissé le drapeau d'Israël ».

La France saisit l'ONU

La réaction française ne s'est pas fait attendre. Le chef de la diplomatie Jean-Noël Barrot a immédiatement requis la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, affirmant que « rien ne peut justifier la prolongation des opérations militaires israéliennes au Liban et son occupation de plus en plus profonde dans le territoire libanais ». Paris, qui dispose de contingents au sein de la FINUL dans le pays, est particulièrement vigilant à toute extension du conflit.

Un cessez-le-feu vidé de sa substance

Cette offensive intervient dans un contexte de tensions régionales extrêmes. Un cessez-le-feu temporaire avait été conclu en avril 2026 sous l'égide des États-Unis, mais il semble aujourd'hui vidé de sa substance. La communauté internationale observe avec une inquiétude croissante une dynamique qui repousse chaque semaine un peu plus loin les limites de l'acceptable.

L'avis de la rédaction

La prise de Beaufort n'a pas qu'une valeur militaire : elle a une portée politique. Israël dit, par les drapeaux qu'il plante, qu'il n'attendra plus d'accord régional pour redessiner sa frontière nord. C'est compréhensible du point de vue sécuritaire — mais c'est le pari d'une victoire totale dans une région où aucune armée, jamais, n'a obtenu de victoire totale. La saisine française de l'ONU est utile, à condition qu'elle débouche sur une médiation politique, non sur une déclaration de plus.

À retenir

  • Tsahal prend le château de Beaufort, sud du Liban, dimanche 31 mai 2026 ; drapeau israélien hissé.
  • Netanyahou parle de « tournant décisif » ; Katz évoque les 44 ans depuis la bataille de 1982.
  • Jean-Noël Barrot demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
  • Le cessez-le-feu d'avril 2026, parrainé par Washington, est de facto suspendu.
  • La France maintient des contingents dans la FINUL au Liban-Sud.