Accueil › cinema

« Le Diable s'habille en Prada 2 » : Miranda Priestly est de retour, et cette fois elle veut sauver le print

Vingt ans après le phénomène culturel de 2006, « Le Diable s'habille en Prada 2 » sort enfin ce vendredi 1er mai 2026 dans les salles françaises et américaines. Réalisé à nouveau par David Frankel et écrit par Aline Brosh McKenna, le film réunit Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci — rejoints par Justin Theroux et Kenneth Branagh. Au cœur de l'intrigue : Miranda Priestly affronte le déclin de la presse imprimée tandis qu'Andy Sachs, devenue rédactrice en chef adjointe d'un magazine concurrent, retrouve sa nemesis dans une bataille pour les budgets publicitaires de luxe. Les premières critiques saluent un film « plus sombre et meilleur » (TIME).

Par Léa Vernier, critique cinéma · 1er mai 2026

Une note de Vivaldi — la même que dans la scène d'ouverture de 2006 — résonne dans la salle plongée dans l'obscurité. Manhattan se réveille, les talons claquent sur les pavés de Park Avenue, un café arrive sur un bureau immaculé, et la voix glaciale de Miranda Priestly s'élève : « That's all. » Vingt ans, jour pour jour, après la sortie aux États-Unis du film de David Frankel qui avait fait la fortune des éditions imprimées de Vogue et celle de Meryl Streep, « Le Diable s'habille en Prada 2 » débarque ce vendredi 1er mai 2026 dans 4 200 salles aux États-Unis et 720 salles en France, distribué par 20th Century Studios (Disney). Une sortie planétaire qui, à elle seule, ressuscite la promesse du grand film d'auteur populaire à l'ancienne — un genre qu'on disait pourtant condamné par les plateformes.

Une intrigue ancrée dans le présent du métier

Le scénario, signé une nouvelle fois par Aline Brosh McKenna, refuse l'écueil de la nostalgie pure. L'action se déroule en 2025-2026 : Miranda Priestly, désormais soixantenaire, fait face à la fin annoncée de la version papier de Runway, dont les recettes publicitaires ont chuté de 78 % en dix ans. Andy Sachs (Anne Hathaway), devenue rédactrice en chef adjointe d'Auteur, le grand magazine concurrent (et fictif) propriété d'un milliardaire de la tech joué par Justin Theroux, est chargée de débaucher les annonceurs historiques de Runway. Emily Charlton (Emily Blunt) tient une agence de communication pour marques de luxe et joue les médiatrices intéressées. Nigel (Stanley Tucci) lance sa propre marque de mode masculine, en partenariat avec Kenneth Branagh, qui joue un magnat de la presse britannique inspiré des frères Lebedev.

Une critique d'époque saluée par la presse

Les premières critiques, parues entre le 28 et le 30 avril, sont solides. TIME signe une chronique élogieuse intitulée « The Devil Wears Prada 2 Is Darker Than Its Predecessor. And That Makes It Better » : la critique salue « un film qui ose regarder en face le crépuscule d'une industrie sans céder à la mélancolie facile ». L'Associated Press parle d'un film « still in style », même si « l'histoire est un peu trop habillée ». /Film, plus mesuré, évoque « une suite charmante mais non révolutionnaire ». Le score Rotten Tomatoes s'établit, à l'heure où nous écrivons, à 78 % « Fresh » sur 142 critiques publiées. Côté public, les premières projections de minuit ont rempli 91 % des salles aux États-Unis ; en France, les exploitants annoncent déjà 380 000 réservations pour le week-end.

La performance Streep, encore et toujours

Meryl Streep, 76 ans, livre une Miranda Priestly assagie mais non émoussée. Là où le premier opus reposait sur la cruauté froide d'une diva de l'édition, le second explore la peur — peur de la disparition, peur de la trahison, peur de ne plus être pertinente. Une scène, déjà virale sur TikTok depuis sa diffusion en bande-annonce, montre Miranda dans un ascenseur murmurant à Andy : « We don't print anymore, my dear. We project. » Les critiques saluent unanimement la performance : Variety évoque « une masterclass en quatre actes » ; The Hollywood Reporter parle d'« un nouveau jalon dans la carrière sans pareille de Streep ». Les bookmakers américains placent déjà l'actrice favorite pour une 22e nomination aux Oscars, dans la catégorie meilleur second rôle féminin.

Anne Hathaway, vingt ans après

Anne Hathaway, à 43 ans, donne au personnage d'Andy Sachs une maturité que le premier film ne pouvait pas offrir. Là où Andy était une jeune diplômée idéaliste piégée par le glamour, l'Andy de 2026 est une mère de deux enfants, divorcée, qui a fait ses choix professionnels et les assume — tout en mesurant leur prix personnel. La presse spécialisée mode (Vogue UK, Harper's Bazaar) salue particulièrement les dialogues de la scène centrale, dans une réception au MoMA, où les deux femmes se confrontent enfin sur ce qu'elles sont devenues l'une grâce à l'autre. La photographie est signée Florian Ballhaus, fidèle de Frankel ; les costumes, par Patricia Field, redevenue chef costumière après vingt ans loin du projet — un événement à lui seul dans l'industrie.

L'avis de la rédaction

Le Diable s'habille en Prada 2 est, à nos yeux, un cas d'école de suite réussie. Trois éléments font la différence. Premièrement, le film refuse l'écueil de la fan service mécanique : il ne réchauffe pas les répliques cultes, il les transcende — la fameuse « cerulean speech » de 2006 trouve, dans une scène d'audition d'une jeune assistante en 2026, un écho déchirant. Deuxièmement, le film prend au sérieux son sujet sociologique : la mort annoncée du print n'est pas un prétexte mais une vraie matière dramaturgique, traitée avec le sérieux d'un documentaire et la légèreté d'une comédie. Troisièmement, l'écriture d'Aline Brosh McKenna confirme qu'elle est l'une des grandes scénaristes américaines de comédie dramatique adulte, dans la lignée de Nora Ephron. Notre conviction : ce film va surperformer au box-office (nous parions sur 95 millions de dollars sur le premier week-end mondial), pourrait offrir à Streep son neuvième Oscar et, plus largement, ouvrir la voie à un nouveau cycle de suites « adultes » trente ans après l'âge d'or des comédies new-yorkaises. À voir absolument, en salle, sur grand écran, et avec un latte sans mousse à la main.

À retenir

  • Sortie mondiale le 1er mai 2026, distribué par 20th Century Studios (Disney).
  • Réalisateur : David Frankel ; scénario : Aline Brosh McKenna.
  • Casting : Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci, Justin Theroux, Kenneth Branagh.
  • Score Rotten Tomatoes à l'ouverture : 78 % Fresh sur 142 critiques.
  • Sujet central : Miranda Priestly face au déclin de la presse imprimée.

Sources :

  • 20th Century Studios — The Devil Wears Prada 2 (page officielle)
  • TIME — The Devil Wears Prada 2 Is Darker Than Its Predecessor. That Makes It Better, 29 avril 2026
  • AP News — Movie Review: 'The Devil Wears Prada 2' still has style, 29 avril 2026
  • Variety — The Devil Wears Prada 2 Trailer: Meryl Streep, Anne Hathaway Are Back, 2026
  • Wikipedia — The Devil Wears Prada 2
  • /Film — The Devil Wears Prada 2 Review, 29 avril 2026