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Le « patient d'Oslo » guérit du VIH et d'un cancer du sang grâce à une greffe de moelle de son frère

À 63 ans, un Norvégien séropositif depuis des décennies est devenu le huitième cas connu de guérison fonctionnelle du VIH, après une greffe de moelle osseuse pour traiter sa leucémie. Deux ans après, aucune trace du virus n'est détectable.

Par Margaux Rivière, journaliste santé · 14 avril 2026

L'histoire est qualifiée de « miracle médical » par la communauté scientifique. Un homme de 63 ans, surnommé le « patient d'Oslo », est désormais considéré comme guéri à la fois du VIH et d'un cancer du sang, selon une étude publiée ce 14 avril 2026 et relayée par La Dépêche et Actu.fr. Séropositif depuis plus de vingt ans, ce Norvégien a reçu une greffe de moelle osseuse de son frère pour traiter une leucémie diagnostiquée en 2023.

Une coïncidence salvatrice

Le frère du patient était porteur d'une mutation génétique rare, la mutation CCR5-delta32, qui confère une résistance naturelle au VIH. Cette même mutation avait été à l'origine de la guérison du célèbre « patient de Berlin » (Timothy Ray Brown) en 2008. Lors de la greffe, les cellules souches du donneur ont non seulement remplacé le système immunitaire malade du receveur, mais elles ont aussi éliminé les cellules réservoirs du VIH. Deux ans après l'intervention, les médecins n'ont détecté aucune trace du virus dans le sang du patient, même après l'arrêt du traitement antirétroviral.

Le huitième cas mondial

Le patient d'Oslo devient le huitième cas documenté de guérison fonctionnelle du VIH dans le monde, après les patients de Berlin, Londres, Düsseldorf, New York, City of Hope, Genève et un cas pédiatrique. Selon les chercheurs, il est « en pleine forme » et mène une vie normale. L'étude souligne toutefois que la greffe de moelle osseuse reste une procédure lourde, risquée et réservée aux cas de cancers hématologiques — elle ne constitue pas une solution généralisable pour les 39 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde.

Un espoir pour la recherche

Ces cas successifs de guérison confirment néanmoins que l'éradication du VIH est biologiquement possible. Ils orientent la recherche vers des thérapies géniques ciblant le récepteur CCR5, qui pourraient un jour offrir une guérison sans les risques d'une greffe. Des essais cliniques utilisant la technologie CRISPR pour modifier les cellules immunitaires des patients sont actuellement en cours dans plusieurs centres hospitaliers universitaires.

Sources :

  • La Dépêche — Le « patient d'Oslo » guérit du VIH et d'un cancer, 14 avril 2026
  • Actu.fr — Ce patient guérit du VIH/Sida et du cancer en même temps, 14 avril 2026