Accueil › informatique

OpenAI boucle une levée de fonds record de 122 milliards de dollars : la course à l'IA entre dans une nouvelle dimension

OpenAI a finalisé le plus grand tour de table de l'histoire de la tech : 122 milliards de dollars de capitaux engagés, portant la valorisation de l'entreprise à 852 milliards. Amazon, Nvidia et SoftBank mènent la danse.

Par Adrien Marchand, reporter tech · 8 avril 2026

OpenAI a officialisé ce 6 avril 2026 la clôture de sa méga-levée de fonds : 122 milliards de dollars de capitaux engagés, un montant sans précédent dans l'histoire de la technologie et de la finance. La valorisation post-money de l'entreprise atteint 852 milliards de dollars, ce qui en fait la startup la plus valorisée au monde — et la place au niveau de géants comme Apple ou Microsoft en termes de capitalisation. Le tour a été mené par Amazon, Nvidia et SoftBank, avec la participation continue de Microsoft, investisseur historique d'OpenAI. SoftBank a co-dirigé le financement avec un engagement de 50 milliards de dollars, doublant sa mise dans ce que Masayoshi Son qualifie de « plus grande opportunité d'investissement de notre vie ». (Sources : Bloomberg, Reuters, Datacenter News)

Ces fonds colossaux seront principalement alloués à la construction d'infrastructures de calcul. OpenAI prévoit de déployer des centres de données massifs aux États-Unis, en Europe et en Asie pour entraîner ses modèles de prochaine génération. Sam Altman, PDG d'OpenAI, a présenté sa vision d'un « ChatGPT super app » qui combinerait chat, codage, recherche, agents autonomes et génération multimédia dans une seule interface. L'entreprise, qui emploie désormais plus de 5 000 personnes, reste toutefois structurellement déficitaire : ses revenus annuels estimés à 13 milliards de dollars ne couvrent pas encore les coûts d'entraînement et d'inférence de ses modèles. (Sources : The Information, Financial Times, TechCrunch)

La levée de fonds intervient dans un contexte de course à l'IA de plus en plus intense. Google DeepMind, Anthropic, xAI d'Elon Musk et Meta AI investissent chacun des dizaines de milliards dans l'infrastructure et la recherche. La concurrence chinoise, menée par Baidu, Alibaba et ByteDance, n'est pas en reste. Le marché mondial de l'IA générative, estimé à 90 milliards de dollars en 2025 par McKinsey, devrait atteindre 400 milliards d'ici 2030. Mais la question qui agite Silicon Valley est simple : qui, parmi ces acteurs, atteindra le premier l'AGI (intelligence artificielle générale) — et quelles en seront les conséquences ? (Sources : McKinsey, Bloomberg, Marketing Profs)

Les critiques ne manquent pas. Les régulateurs européens et américains s'interrogent sur la concentration de pouvoir que représente une entreprise privée valorisée à 852 milliards de dollars et contrôlant les modèles d'IA les plus puissants au monde. La transition récente d'OpenAI d'un statut « à but non lucratif plafonné » vers une structure for-profit classique a provoqué le départ de plusieurs co-fondateurs et alimenté les accusations de trahison de la mission originelle. Le procureur général de Californie examine actuellement la légalité de cette conversion. Par ailleurs, les questions environnementales sont criantes : les centres de données d'IA consomment déjà autant d'électricité que certains pays, et l'expansion prévue par OpenAI va aggraver cette empreinte carbone. (Sources : New York Times, Ars Technica, Nature)

Quoi qu'il en soit, cette levée de fonds marque un point de bascule : l'IA n'est plus un pari technologique, c'est la plus grande allocation de capital de l'histoire industrielle. Les 122 milliards injectés dans OpenAI dépassent le PIB de plus de 100 pays. La question n'est plus de savoir si l'IA va transformer l'économie mondiale, mais à quelle vitesse — et au profit de qui. Pour les citoyens, les travailleurs et les démocraties, les enjeux dépassent largement le cadre technologique : il s'agit de savoir qui contrôlera l'intelligence, et donc le pouvoir, au XXIe siècle. (Sources : Financial Times, The Economist, Wired)