En bref — Record historique à 5 608,35 dollars l'once fin janvier 2026, puis correction de près de 20 % : l'or se négocie autour de 4 440 dollars début septembre, tout en restant en hausse de plus de 23 % sur un an. La prochaine décision de la Réserve fédérale reste le principal facteur de volatilité.
L'or n'en finit pas de faire l'actualité, mais pas toujours pour les raisons qu'on croit. Après une envolée quasi ininterrompue tout au long de 2025, le cours de l'once a atteint un sommet historique de 5 608,35 dollars fin janvier 2026 — un niveau que peu d'analystes avaient anticipé. Depuis, la trajectoire s'est nettement inversée.
Une semaine de montagnes russes
Les tout derniers jours illustrent la nervosité du marché. L'or a d'abord grimpé à environ 4 470 dollars jeudi, porté par des propos accommodants du gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller, qui a laissé entendre qu'il privilégierait un statu quo sur les taux si les pressions inflationnistes continuaient de refluer. Le lendemain, retournement : un rapport sur l'emploi américain nettement supérieur aux attentes — 162 000 créations de postes en août contre 56 000 anticipées, chômage stable à 4,1 % — a ravivé les paris sur un resserrement monétaire en septembre, faisant chuter l'or de 2 % en une seule séance, autour de 4 380 dollars.
Ce grand écart résume la mécanique de l'or ces dernières semaines : chaque indicateur économique américain, chaque déclaration d'un responsable de la Fed redistribue immédiatement les cartes. Les marchés monétaires évaluaient encore récemment à 50-60 % la probabilité d'une hausse des taux en septembre, une incertitude qui explique à elle seule une bonne partie de la volatilité.
Comment expliquer un tel sommet en janvier ?
Le pic de janvier n'avait rien d'un accident isolé. Il couronnait une dynamique de fond : un dollar durablement affaibli, une dette souveraine américaine franchissant des niveaux jugés préoccupants par de nombreux économistes, et surtout des achats massifs et continus des banques centrales, engagées depuis plusieurs années dans une diversification de leurs réserves loin du billet vert. Certaines projections évoquaient même 6 000 dollars d'ici la fin de l'année — un scénario que la correction a nettement remis en question.
Une correction, pas un effondrement
Il serait excessif de parler de krach. Sur un an, l'or reste en hausse de plus de 23 %, et le repli actuel s'apparente davantage à un ajustement après une hausse trop rapide qu'à un retournement de tendance. Les fondamentaux de 2025 — instabilité géopolitique persistante, appétit continu des banques centrales, doutes sur la trajectoire budgétaire américaine — n'ont pas disparu du jour au lendemain.
Ce que ça change pour les épargnants
Pour quiconque a intégré de l'or à son portefeuille en pensant surfer sur une hausse linéaire, la leçon de ce début 2026 est claire : même une valeur refuge connaît des phases de turbulence marquées. Les prévisionnistes restent divisés, certains modèles anticipant une stabilisation autour de 4 450-4 860 dollars sur douze mois, quand d'autres misent encore sur un nouveau record avant la fin de l'année.
Avis de la rédaction — L'or n'a pas changé de nature : il reste une assurance, pas un moteur de performance. Ceux qui l'ont acheté en janvier au sommet paient surtout le prix d'un point d'entrée, pas d'un défaut de l'actif. La prochaine réunion de la Fed dira si la stabilisation actuelle tient.





